samedi 8 février 2014

Le drapeau qui divise


Si les intentions sont louables derrière les actions posées par les diverses mairies ici et à travers le pays de hisser le drapeau gai, je me questionne quant à la réelle signification du geste et à son utilité.

N’allez surtout pas mal interpréter mes propos : les déclarations pas-si-ambigües faites par les autorités russes n’ont pas leur place – et encore moins provenant de la part du pays accueillant les Jeux olympiques qui se veulent, justement, inclusifs.

Toutefois, si on peut critiquer ces propos et les dénoncer avec raison, je n’arrive pas à m’expliquer que l’hôtel de ville de Montréal ait besoin de faire voler un drapeau arc-en-ciel.

Pourquoi? Parce que, selon moi, selon mes valeurs et mes principes, je considère que les drapeaux du Québec et du Canada, tout comme ceux de nombreuses villes et pays, représentent déjà les gais. Tout comme ils représentent les handicapés, les minorités, les enfants, les femmes, les riches et les pauvres et – même! – les hommes blancs.

S’il faut défendre les droits des minorités, je crois que d’en isoler une partie ainsi et de les mettre sur un podium à part, pour ainsi dire, est un dérapage. C’est un beau pied de nez, j’en conviens, aux homophobes et aux ignorants. Mais ce n'est pas la bonne tactique à adopter.

Malheureusement, je trouve que ça sent l’hypocrisie. C’est un geste bien plus stratégique que solidaire, en ce qu’il vise à générer un capital politique, à attirer la sympathie du public, puis à narguer un pays « pas de notre bord » en profitant de l’oppression dont est victime un groupe particulier.

L’impression que ça me donne, c’est que nous ciblons une « minorité » et l’érigeons en archétype modèle juste pour écœurer quelqu’un d’autre. En quelque sorte, c’est pire que ce que les Russes ont dit. C’est viser bas et c’est utiliser les mêmes armes qu’eux, c’est stigmatiser le même groupe pour nos propres intérêts, alors que nous devrions avoir de plus nobles aspirations et ne plus avoir à faire de distinction entre un citoyen ou un autre, peu importe sa couleur, son genre, son orientation sexuelle, son origine, ou ses valeurs.

Je comprends qu’on veuille protéger les gais et lesbiennes. Mais en même temps, j’ai hâte au jour où nous pourrons n’avoir qu'à hisser un seul drapeau pour que tous puissent s’y reconnaître, sans discrimination.

jeudi 23 janvier 2014

Le PQ fait avorter le projet souverainiste


Depuis qu’il a pris le pouvoir, le gouvernement Marois ne cesse de prendre des décisions et de poser des gestes qui vont à l’encontre des intérêts des Québécois. C’est difficile à croire, mais il sera écrit dans l’histoire que c’est finalement le PQ qui aura mis fin aux ambitions séparatistes du Québec en rendant la souveraineté impossible.

Considérons d’abord l’économie. Il me vient en tête la fermeture subite, faite sans consultation ni préparation, de la centrale Gentilly-2. C’est une des premières décisions prises par le Parti québécois et elle servait probablement à nous préparer à ce qui allait suivre.

Si les grands entrepreneurs ne fuient pas tous, comme voudraient le faire croire certains fédéralistes, il est néanmoins indéniable que ceux qui restent éprouvent des difficultés. Qu’elles soient bureaucratiques ou financières, ces encombres mettent un frein au développement économique de la province et participent à l’exode de plusieurs grands projets, en plus de nuire à des entreprises déjà bien établies (comme Bombardier, tout récemment).

En plus, il y a les gaz de schiste, sujet sur lequel le PQ est frileux et manque de leadership. Nous savons que leur exploitation peut se faire de façon sécuritaire et pourrait nous enrichir. Ou encore le Plan Nord, boudé par le PQ au détriment de tous les Québécois. Les exemples sont nombreux qui démontrent l’incapacité des péquistes à gérer une province – sans parler d’un éventuel pays.

Si nous ne pouvons rejeter le blâme du difficile contexte économique mondial sur le PQ, nous pouvons très certainement lui reprocher de ne pas prendre de décisions éclairées pour y pallier et pour nous aider à passer à travers. Nous sommes gouvernés par un parti minoritaire qui parvient même à effrayer certains économistes.

Outre ces piètres décisions, la Commission Charbonneau a également commencé à lever le voile sur ce qui était un secret de Polichinelle : la connivence entre péquistes, syndicalistes et criminels. En effet, nous en apprendrons certainement plus de détails bientôt, le PQ a dû jouer un rôle important dans l’implantation et l’exploitation d’un système de corruption qui a appauvri la province, en plus de nuire au bon entretien de nos infrastructures, cruciales au développement économique.

Puis il y a la Charte, cette fameuse déclaration de nos valeurs. Si elle vise à résoudre des problèmes liés au multiculturalisme et aux accommodements déraisonnables, elle fait plutôt tout le contraire et ravive des débats séculaires, en plus d’en créer des nouveaux. Parce que ce projet est mal mené, il divise profondément les Québécois et va même jusqu’à diviser les troupes souverainistes.

Il y a aussi l’éducation, où le PQ excelle dans l’implantation de la médiocrité. Avant même de prendre les rênes de notre province, Pauline Marois est montée sur un cheval de bataille qui ne lui appartient pas pour livrer un combat contredisant des décisions qu’elle a elle-même prises dans le passé (vous vous souvenez, j’espère, que c’est elle qui a proposé de lever le gel des frais de scolarité alors qu’elle était Ministre de l’éducation, en 1996). Ainsi donc, la richissime cheffe jouait de la casserole et promettait la Lune aux étudiants pour se faire du capital politique.

Après avoir ainsi menti aux étudiants, le PQ a continué à viser plus bas pour nous tous. Mme Malavoy, pour rester dans la tradition des mensonges, a prétendu que le fait d’apprendre une seconde langue en bas âge pouvait être nuisible au développement et à la réussite scolaire afin de justifier sa décision de réduire la présence de l’anglais comme langue seconde à l’école. Non seulement c’est faux, mais venant d’une femme aussi éduquée, ce ne peut être qu’un mensonge cachant une anglophobie crasse qui est désuète dans un contexte de mondialisation.

Maintenant, nous apprenons que le PQ abolit, de facto, le diplôme d’études secondaires en abaissant, encore une fois, les standards et les critères pour son obtention. L’éducation, au Québec, elle coûte cher mais ne vaut plus grand-chose.

Le PQ a beau brandir des promesses de référendum et clamer tout haut ses rêves les plus fous; ses gestes ne suivent pas ses paroles. Le PQ détruit le Québec à petit feu.

Nous nous obstinons à propos de futilités vestimentaires plutôt que de lancer de grands débats de société. Nous nous isolons dans un unilinguisme chauvin, dépassé, et inapte à se mêler au reste du monde. Notre centre économique est en décrépitude avancée tant il est négligé. La corruption a su s’implanter partout et le PQ y a participé. Notre système d’éducation n’innove que pour trouver de nouvelles façons de niveler par le bas.

Le PQ, par sa médiocre gouvernance, laissera derrière lui une province appauvrie, divisée et corrompue, avec une relève sans ambition ni éducation. Le Québec est, et restera, dépendant du Canada ainsi que de l’apport de l’immigration pour grandir. Le PQ a fait avorter le projet souverainiste.

mardi 21 janvier 2014

Harper et le paradoxe chinois


Nous apprenons ce matin que le gouvernement Harper a conclu un accord militaire avec la Chine. Évidemment, cela ne fait aucun sens et va à l'encontre des intérêts des Canadiens (ce qui est cohérent avec le reste des décisions imbéciles des Conservateurs). Mais là, un accord militaire? C'est abuser de notre insouciance.

De prime abord, cette entente a été signée en août dernier entre notre ministre de la Défense et son homologue chinois. Toutes les précautions ont été prises pour ne pas l'ébruiter et c'est compréhensible puisque c'est une si mauvaise décision que Harper devait souhaiter de tout coeur que personne n'en entende jamais parler. Heureusement, il existe des journalistes fort compétents qui savent exercer leur métier.

Mais en quoi un tel accord est-il nuisible? En ce qu'il nous ridiculise carrément.

Non seulement nous savons très bien que nos industries sont espionnées ici-même par les Chinois et que nos brevets ne sont pas respectés en Chine, nous savons que notre Armée l'est aussi, preuves à l'appui. Aller signer un accord militaire avec eux pour discuter et partager des stratégies, c'est passer outre le minimum d'orgueil que nous devrions avoir; c'est passer outre le fait que les Chinois sont des mauvais alliés. C'est leur servir sur un plateau d'argent ce qu'ils tentent de nous voler.

Par ailleurs, la Chine, en plus de multiplier ses attaques cybernétiques, s'amuse à narguer l'Occident et à encourager ouvertement l'instabilité politique en Asie en déclarant unilatéralement qu'elle contrôle une zone aérienne dont une partie appartient au Japon. Le Japon, faut-il le rappeler, est déjà menacé par la Corée du Nord. Le Japon, aussi, est le troisième pays vers lequel le Canada exporte le plus, et le quatrième en importance pour les importations.

Et nous sommes là à signer un accord militaire avec la Chine...

C'est très bien que nous souhaitions normaliser nos relations avec Pékin et que nous cherchions la stabilité. Mais je doute fortement que des partenariats militaires soient de mise avec un pays qui ne respecte pas une grande partie des règles internationales de base, comme le respect de l'environnement, des droits humains, et de ses partenaires commerciaux.

mercredi 1 janvier 2014

2014: mes prédictions



Voici mes perspectives et prédictions pour l'année à venir quant à certains enjeux que nous verrons évoluer. Ce sont sûrement des sujets sur lesquels je vais chiâler…


你好!

Il faudra s'habituer à voir des milliardaires chinois s'immiscer dans nos affaires. Par « nos affaires », j'entends les affaires de l'Occident. Le grand empire, sous ses airs anodins et inoffensifs d'un communisme stalinien et dépassé, a grandi sournoisement et a préparé ses cartes bien avant de les jouer. Ce capitalisme que nous rêvions de leur imposer est devenu leur cheval de bataille du haut duquel ils nous foutront une mémorable volée. Ils le maîtrisent mieux que nous et nous en souffrirons.

Ici et là, de richissimes inconnus feront l'acquisition de parcelles de terre, d'entreprises grandes et petites, voire même d'institutions qui nous sont chères. Ailleurs, des ressortissants continueront à envoyer à leur mère patrie des informations délicates et des secrets d'État. Si quelques-uns se feront prendre, comme Qing Quenton Huang à Burlington, la plupart passeront sous le radar et causeront des dommages que nous ne constaterons que bien plus tard.

Et c'est sans compter l'armée de hackers déjà bien entraînés et aguerris qui pend comme une épée de Damoclès au-dessus de l'Occident. L'Internet est son terrain de jeu et, quoique nos capacités de guerre cybernétique s'accroissent, nous trainons un peu de la patte et nous devons nous parer à toute éventualité contre ces nouveaux guerriers qui frappent sans toujours brandir des étendards qui les identifient. Une menace à la fois virtuelle et réelle, à la fois anonyme et chinoise.

Si la Chine nous est un partenaire commercial, elle est également devenue une menace réelle à nos intérêts tant politiques qu'économiques, dont la présence se fera de plus en plus sentir. À force de vouloir économiser sur tout, nous avons pratiquement transférer à l'autre bout du monde toute notre production et nos usines, finançant du même coup un pays envers lequel nous sommes désormais endettés. Apprenez le mandarin; sinon pour vous, pour l'enseigner à vos enfants qui, eux, en auront besoin.

La fonte de l'Arctique

Les ambitions chinoises se mêlent, dans le cercle polaire, à celles de la Russie, des États-Unis, du Canada, ainsi que d'autres pays qui aspirent à profiter de la fonte des glaces arctiques et, surtout, de ses conséquences comme l'accès à de nouvelles ressources énergétiques et à un passage commercial direct vers l'Asie.

Les enjeux environnementaux liés au réchauffement climatique sont graves et bien réels. Mais c'est sur le plan politique et économique que nous en ressentirons les plus grands effets. Depuis quelques années déjà, nous assistons à un tango diplomatique entre les nations qui proclament de plus en plus fort leurs ambitions et qui cherchent par tous les moyens à s'approprier ce vaste étendu de glace.

L'escalade dangereuse de ces prétentions territoriales se limitait jusqu'à présent à des requêtes auprès des Nations Unies ou à des expéditions scientifiques (j'ai en tête le sous-marin qui, en 2007, planta un drapeau russe sous les glaces du pôle nord). Toutefois, avec une Russie plus forte et plus belliqueuse, avec un Canada qui tient mordicus à sa souveraineté septentrionale, puis avec nos voisins du sud dont l'économie est fragile, les revendications en Arctique ne se limiteront plus à une papierkrieg de fonctionnaires et à des déclarations aux médias.

En effet, il n'y a de cela que quelques semaines, Stephen Harper a fait rédiger une nouvelle requête officielle aux Nations Unies afin d'inclure dans le Canada le pôle nord ainsi que ses ressources naturelles, tandis que la Russie tente d'étendre au-delà des 200 miles nautiques sa zone économique, elle dont l'Océan Arctique touche plus de 15,000 km de ses côtes.

Sachant que cette région pourrait renfermer près du quart des réserves mondiales de pétrole en plus de permettre, par la fonte des glaces, de réduire de 30% la distance à parcourir pour les navires commerciaux, et que des guerres ont été menées pour bien moins que cela, l'Arctique est un enjeu stratégique crucial dont nous entendrons beaucoup parler dans les mois et les années à venir, et les beaux discours se traduiront rapidement en une présence militaire accrue.

L'Union soviétique 2.0

Grâce à Vladimir Poutine, la Russie n'est plus cette épave risible et délabrée des années 1990. Bien au contraire, elle a su redorer son blason et semble vouloir redevenir, lentement mais sûrement, ce vaste empire qui unifie des peuples et des communautés à travers deux continents sous l'égide d'une fédération quasi invincible.

Comme nous l'avons vu ailleurs dans le monde, il ne suffit pas d'injecter le capitalisme dans un pays en espérant qu'il en ressorte la démocratie. La Russie, suite à la chute de l'Union soviétique, s'est rebâtie d'une façon que nous ne pouvions prévoir et qui lui est propre. Plutôt que d'éclater, elle s'est réunifiée.

Les pays satellites qui ont obtenu leur indépendance et qui n'ont pas su en tirer profit, gravitent désormais entre une Europe unifiée et une Russie ressuscitée. Pravda citait récemment Pavel Sviridov qui prédisait que l'Union soviétique allait renaître vers 2025, et j'abonde dans le même sens. D’ailleurs, nous voyons en ce moment-même l'agitation qui a gagné l'Ukraine qui oscille entre son désir d'être intégrée à l'Union Européenne et celui, lucratif et probablement plus valorisant et instinctif, de regagner la Fédération russe.

Ces soubresauts politiques toucheront probablement également le Kazakhstan, le Bélarusse, et les autres Kirghizistan coincés entre deux mondes. L’Ukraine n’est que le début et ses décisions donneront le ton à un mouvement de réunification.

Si une confrontation armée n’est, selon moi, pas envisageable même à long terme, les tensions se multiplieront entre la Russie, l’Union Européenne et les États-Unis et nous assisterons à une nouvelle Guerre Froide.

L’Islam

Je parle de l’Islam en tant que symbole unificateur de radicaux et d’extrémistes à travers le monde, et non de la religion en elle-même. Je m’attends à ce que l’année à venir soit marquée de violence islamique à cause d’une mouvance qui gagne en force et en motivation.

Plus isolées que jamais, les communautés musulmanes à travers le monde souffrent de discrimination et paient le prix des radicaux qu’ils ne dénoncent que du bout des lèvres. Puis, aussi, des pays musulmans sont la cible de frappes militaires occidentales, tandis qu’Israël continue à ruiner les efforts de paix au Moyen-Orient, et que des extrémistes tentent par tous les moyens de créer des républiques islamiques.

C’est un cocktail explosif, alimenté sans cesse de justifications nouvelles, qui peut désormais éclater au visage de n’importe qui, n’importe où. Nous l’avons vu à Boston, à Londres, à Volgograd et ailleurs. Le terrorisme est efficace en ce qu’il fait parler, qu’il est médiatisé, et qu’il fait peur. À mesure que le monde moderne lui fait la guerre et tente de le calmer, le radicalisme musulman gagne des adeptes et des raisons de se révolter.

Bien qu’elle ne mènera nulle part in fine, la violence sera très présente – plus que par les années passées.

La fin du mouvement souverainiste québécois

Même s’il pouvait prendre de l’élan advenant l’indépendance de l’Écosse ou de la Catalogne, par exemple, le souverainisme québécois est sans avenir. 2014 verra le Parti québécois ruiner tout espoir d’unification par ses politiques obscurantistes et ses décisions controversées.

Minant depuis son arrivée l’économie du Québec et divisant plus que jamais la population, sans compter les dissensions au sein de ses propres troupes, le PQ incarne le changement – mais pas le changement qu’il voudrait. Ce parti désuet est en train de démontrer, par sa maladresse et son incapacité à gouverner, que ses ambitions ne sont pas viables.

 Par ailleurs, la situation démographique du Québec n’est plus celle des années 70, voire même celle du dernier référendum. La population est encore plus diversifiée qu’elle ne l’était à l’époque. Si Parizeau, à l’issu du référendum de 1995, disait que c’était « à cause » du vote ethnique, je dirais plutôt que c’est grâce au vote ethnique que l’espoir d’un vote commun, même à une question simple, n’est plus envisageable.

Les différentes ethnies et communautés ont su trouver leur place au Québec dans le respect de leur identité, comme justement une grande partie des francophones se sentent à leur place dans une fédération canadienne qui englobe et unifie plusieurs peuples en en respectant l’identité propre.

Les mouvements souverainistes vont, de toute façon, à contre-courant dans un monde qui vise plutôt à unir des nations indépendantes afin de les rendre collectivement plus fortes.

Peut-être – peut-être – que si le PQ avait eu à sa tête un chef crédible et dans son programme, des politiques visant à rendre plus forte la province plutôt que de chercher à l’appauvrir, à diviser les communautés et à livrer une guerre au Canada, peut-être qu’il en eut été autrement. Mais Marois et ses troupes de l’antiquité ont sonné le glas de ce grand projet social. Heureusement, le Québec saura s’épanouir et se faire valoir autrement – nous ne manquons pas de talent ou d’ambition, ici. Et c’est tant mieux!

En vrac

Le Pakistan. Véritable poudrière nucléaire, cette nation pourrait à n’importe quel moment retourner sa veste et envoyer promener les États-Unis dans leur « guerre au terrorisme ». Le Pakistan pourrait, à raison, s’écœurer des frappes de drones ou des invasions spontanées et tenter de faire valoir sa souveraineté. Ou il pourrait encore s’embarquer dans une nouvelle querelle avec l’Inde au sujet du Cachemire, querelle qui pourrait rapidement devenir un conflit nucléaire. Autre scénario : des hauts placés radicaux au sein de l’armée pakistanaise décident de prendre le contrôle et/ou d’utiliser des ogives nucléaires, sans que la décision soit prise par un dirigeant élu.

Israël. À force de narguer ouvertement ses voisins et les Nations Unies, l’État hébreu est isolé plus que jamais et retranché dans des ambitions coloniales d’une ère révolue. Israël risque de perdre des alliés et de « devoir » agir de façon unilatérale pour répondre aux sionistes extrémistes qui le gangrènent, provoquant un conflit régional hautement explosif. Des frappes contre l’Iran, des assassinats ciblés, des attaques cybernétiques… le potentiel de catastrophe est grand.

Science. Cancer et SIDA risquent d’être finalement vaincus. Des cures ont en fait déjà fait leurs preuves et des gens ont été complètement guéris d’un et l’autre de ces maux redoutables. Le déploiement des traitements à l’échelle mondiale pourrait prendre un certain temps, mais 2014 devrait voir se multiplier les tests, études et médicaments prometteurs.

Big Brother. La surveillance que l’on ne savait pas aussi omniprésente et que l’on associait, à tort, à différentes théories du complot se concrétisera encore davantage et s’incrustera dans nos vies, qu’on le veuille ou non. Les révélations d’Edward Snowden, si louables puissent être ses intentions, ne feront pas changer grand-chose, d’autant plus que face aux menaces terroristes et à la violence à venir, les populations réclameront plus de sécurité, quitte à en amputer leurs libertés.

***

Voici donc comment j’envisage l’année à venir. Si mes prédictions peuvent sembler pessimistes, il faut se rappeler que c’est dans l’adversité que l’Homme se montre le plus créatif et constructif…


Bonne année!

lundi 25 novembre 2013

Les Québécoises devraient être voilées

Les Québécoises devraient être voilées et ne devraient pas se montrer. Du moins, c'est ce que je déduis de notre façon d’agir, de notre sexisme latent et inavoué qui encourage les hommes à faire ce que les femmes ne devraient pas.

Dimanche soir, TVA nous présentait une émission spéciale du Banquier avec des gars en chest qui ouvraient des valises pour financer les projets personnels de la participante. À Tout le monde en parle, dimanche soir encore, Danny Turcotte faisait la promotion d'un calendrier  présentant des pompiers à moitié habillés.

Des gars de construction torse nu à la télé, c'est correct. Des pompiers qui se montrent les muscles dans un calendrier, c'est correct.

Mais si ce sont des femmes qui veulent faire ça, c'est hors de question!

Vous vous souvenez des MEDmoiselles? Ces étudiantes en médecines qui, pour financer leur bal, désiraient lancer un calendrier dans lequel elles posaient en tenue sexy? Eh bien,
elles ont annulé le projet. C'est contre nos valeurs, semble-t-il.

Ces filles-là vont sauver des vies, un jour. Elles sont parmi les plus brillantes que notre système scolaire ait formées. De leur propre initiative, elles décident de poser dans un calendrier. Mais ce sont des femmes. Pas question qu'elles se montrent légèrement vêtues!

Ça semble envoyer comme message que les Québécoises doivent cacher leur corps, tandis que les hommes peuvent se montrer impunément. Tout cela pendant que nous entretenons un débat de société grandiose via lequel nous accusons indirectement certains musulmans d’en faire autant.

C’est d’une telle incohérence que je me questionne à savoir si nous avons vraiment des valeurs à proposer, avec notre projet de Charte…

jeudi 21 novembre 2013

Réflexions d'un colonisé

Selon M. Pierre Foglia, je suis un colonisé. Un hater qui, plutôt que de détester «les autres» déteste son propre peuple; plutôt que d'être xénophobe, donc, je suis un colonisé. Il a peut-être raison, M. Foglia, parce que j'ai souvent l'impression d'être entouré de colons...

Vous savez quoi, M. Foglia? Je ne déteste pas mon peuple. Je ne déteste pas ma langue. Je ne déteste ni ma province (ou mon pays, c'est selon), ni mes origines.

Ce que je déteste, c'est ceux qui s'en revendiquent les protecteurs et qui, trop souvent, nous font passer pour une tribu d'ignares. Ce que je déteste, c'est ceux qui, par leur manque de culture, tapent sur les Anglais, tapent sur les riches, tapent sur les vedettes et les capitalistes plutôt que d'essayer de faire mieux qu'eux.

Ce que je déteste, c'est les accommodements «raisonnables» qui font de nous la risée du monde entier par notre mollesse et notre manque de caractère. Ce que je déteste, c'est les machos arriérés qui obligent les femmes à se voiler, ou les féministes mal-aimées qui souhaitent que les hommes soient éliminés.

Ce que je déteste, c'est le nivelage vers le bas. Que ce soit la ministre de l'éducation qui, un peu comme pour palier à la parodie d'anglais que marmonne sa chef Pauline Marois, désire réduire l'importance d'apprendre une langue seconde à l'école; ou que ce soit un vieux syndiqué qui empêche les jeunes de trop travailler.

Ce que je déteste aussi, c'est les unilingues boqués qui s'entêtent à ne pas apprendre et qui réclament un pays calqué sur La Petite Vie ou Les Bougon. Ce que je déteste, c'est cette ambiance de loser, cette image de peuple sans culture qui, depuis Durham, nous colle à la peau bien malgré nous.

Je ne me gêne donc pas, M. Foglia, pour dénoncer ce genre de crétinisme dont nous souffrons parfois. Je le fais peut-être maladroitement, mais je le fais et je crois que c'est important.

Je ne souhaite pas que nous léchions le cul à GSP ou à Péladeau. Je souhaite simplement que nous soyons plus fiers de nous et, souvent, plus dignes aussi.

Parce que je crois que nous avons une histoire fabuleuse, que notre culture est riche et que notre coin de pays est un des plus beaux au monde. Je dis «on» en parlant de «nous». Je n'inclus pas tout le monde, j'inclus surtout, dans mon «on», ceux que je dénonce, ceux que j'ai nommé plus haut.

Mais oui, il reste que je nous critique. Et je crois que savoir se critiquer soi-même, voire savoir rire de soi-même, est le signe d'une certaine grandeur ainsi que d'une certaine humilité.

Soit je n'ai pas été clair, soit vous avez cru ma critique être une haine envers le Québec en entier. Mais ce n'est pas le cas. Si je n'ai encore rien trouvé à redire des Polonais, sachez que je critique à l'occasion les Algériens aussi. Et même Israël (mais ne le dites pas trop fort!). Cela ne fait pas de moi un xénophobe.

Tout comme mes espoirs d'un peuple plus cultivé et plus unifié ne font pas de moi un colonisé.

mardi 19 novembre 2013

GSP, le succès, et le Québec

(Une version plus modérée de ce texte a été reprise par La Presse. Cliquez ici pour la lire.)

Au Québec, on finit par en vouloir à ceux qui réussissent. C'est invariable et c'est pathétique. Céline, Péladeau, SNC Lavalin, Bombardier, Desmarais... Nommez-moi une personne ou une entreprise québécoise qui connaît du succès, je vous trouve une armée de haters. Ces jours-ci, nous avons droit aux imbécilités contre Georges St-Pierre.

Georges St-Pierre a fait rayonner le Québec sur la scène internationale. C'est un athlète complet et accompli qui s'est consacré à la réussite dans son sport -- sport qui combine plusieurs disciplines dans lesquelles il excelle. Par sa détermination et son dévouement, il est devenu un champion des champions. Plus qu'Eugénie Bouchard, plus que Maurice Richard, son nom résonne à travers le monde pour ses exploits.

Vous pouvez aimer ou ne pas aimer les arts martiaux mixtes ou les sports de combat, c'est votre choix. Mais son succès reste néanmoins indéniable.

Ceux qui le traitent, lui ou son sport, de barbare ne font que clamer haut et fort qu'ils ne connaissent ni ne comprennent ce sport. Il y a du sang au hockey et à la boxe aussi. Il y a des fractures en ski et des commotions cérébrales au football. Les arts martiaux mixtes ne font pas exception, si ce n'est qu'ils peuvent parfois choquer des crétins intolérants qui préfèrent se plaindre que changer de poste.

Tout ça, on connaît. Tout ça se passe à chaque combat et les mêmes twits disent les mêmes conneries.

Là où ça déborde, là où on constate que GSP a atteint le summum du succès, c'est quand on commence à lui trouver, ou plutôt à lui inventer, des bébittes.

Des sites méprisables de potins débiles inventent des rumeurs et nombreux (journalistes y compris) sont ceux qui s'empressent de propager ça sans rien vérifier, sans se soucier de l'impact de leur geste, sans se demander si leurs sources sont crédibles.

Parce que bitcher quelqu'un qui réussit, c'est instinctif au Québec.

George St-Pierre est un humain. Il a réussit et s'est rendu au sommet de façon admirable, et il a aussi probablement des problèmes dans sa vie personnelle -- comme vous et moi.

Ce n'est pas une raison pour s'en mêler. Ce n'est pas une base pour juger sa performance.

Quel est l'intérêt de faire ça? Sommes-nous un peuple si voué à l'échec que nous devons nous empresser de rabaisser ceux qui finissent par réussir? Sommes-nous si jaloux, Québécois, que des tréfonds de nos chaumières nous nous sentions obligés de parler en mal de nos héros?

GSP, c'est un sportif. C'est un champion. Mais ce n'est pas votre beau-frère et sa vie privée n'est pas de vos affaires. Par ailleurs, son succès et ses performances devraient voler la vedette à toute autre rumeur.

Il faut vraiment être du petit peuple pour se complaire dans notre médiocrité et souhaiter du mal à nos héros.

*** Aimez ma page Facebook pour d'autres textes dans le genre! :) ***

mercredi 6 novembre 2013

Antisémitisme, islamophobie, et moi

Dans un cas, on parle d'antisémitisme; dans l'autre, d'islamophobie. Il y a, derrière ces mots si lourds qui résonnent ces temps-ci de part et d'autre, un sens épistémique qui pèse encore plus et qui démontre les double standards que nous appliquons à outrance dans notre dénonciation de l'intolérence.

Antisémitisme

Si, par exemple, je dénonce la colonisation illégale par Israël de territoires qui ne lui appartiennent pas; ou si je dénonce la taxe sournoise qui m'est imposée via les innombrables produits « kosher » afin qu'ils soient fabriqués sous la supervision d'un rabbin; dans ces cas-là, on me traitera d'antisémite.

Par antisémite, on entend que je suis contre, voire hostile (anti), aux Juifs, à leur religion, à leur peuple et/ou à leur influence.

Islamophobie

Si, d'un autre côté, je dénonce le massacre de civils innocents par des extrémistes islamistes; si je dénonce la façon dont sont tués les animaux pour la production de viande « halal »; ici, on me dira plutôt islamophobe.

Par islamophobe, on entent que j'ai peur (phobie) des Musulmans, de leur religion, de leur peuple et/ou de leur influence.

Mon problème

Là où j'ai un problème, c'est que même si dans les deux cas, on sous-entend une intolérance fondée sur des faits ou des préjugés, dans le premier on parle d'hostilité et, dans le second, de peur.

Je n'ai pas de haine. Je n'ai pas peur. Et je ne suis pas non plus intolérant.

J'essaie, parfois, de dénoncer des choses que je juge absurdes, illégales, imbéciles ou contraires à « nos » valeurs.

Pourquoi suis-je en mesure de le faire à outrance, de critiquer sans conséquence, de blâmer, ou de condamner les Chinois qui massacrent des requins pour leurs nageoires afin de faire des potions magiques ridicules; le gouvernement canadien qui tente de bâillonner les scientifiques; les Américains qui imposent leur vision de la démocratie à coup de bombes et de drônes; les cartels mexicains qui tuent par milliers des innocents chaque année; les gouvernements corrompus d'Haïti qui, successivement, saccagent ce pays; les gros goons de nos syndicats qui font du grabuge et de l'intimidation pour imposer leur pouvoir; et tant d'autres?

Pourquoi puis-je dénoncer tout cela mais, si j'ai le malheur que ceux que je dénonce soient de confession juive ou musulmane, on me réplique en m'accollant les pires étiquettes et on me traite comme si j'étais un monstre suprémaciste de la pure-lainerie québécoise?

On lance désormais « islamophobe » comme on lançait dans un passé pas si lointain « antisémite »: pour clore le débat, pour fermer les gueules, pour ne plus en entendre parler. D'être (réellement) antisémite ou islamophobe est d'une telle ignominie que ces mots sont devenus des armes redoutables, capables d'excuser n'importe quelle bêtise commise par ceux qu'on veut défendre.

Or, je crois en la liberté d'expression. Je crois que j'ai non seulement le droit, mais aussi le devoir de dénoncer des choses stupides ou immorales. Et je me juge capable de le faire sans discrimination.

Si je condamne quelque chose, je condamne le geste, pas l'ensemble des citoyens d'un pays ou des adeptes d'une confession. Ce n'est pas un préjugé raciste, c'est une dénonciation de l'imbécilité ou de l'injustice.

Je ne hais pas. Je n'ai pas peur. Je ne suis pas raciste. Je suis juste tanné.

Si je dénonce un imbécile, c'est parce qu'il est imbécile. Pas parce qu'il est Juif. Pas parce qu'il est Musulman. Pas parce qu'il est blanc ou noir. Parce qu'il est imbécile.

Et dans tout cela, je peux me tromper. Je peux dénoncer et me rendre compte que j'avais tort, ou que j'avais mal compris, mal interprété un geste. Je dénonce -- je ne tire pas des balles. J'espère créer un débat, démontrer un faute, ou me faire expliquer ce que je ne comprends pas.

Je pense que ceux qui haïssent pour vrai, ceux qui ont vraiment peur, ce sont ceux qui ont recours aux termes « antisémite » et « islamophobe » pour ne pas entendre la vérité, pour faire taire immédiatement, pour ne pas faire face à la situation, par crainte (injustifiée) de représailles, dans l'espoir de rester confortablement évachés dans un statu quo intenable, ou simplement parce qu'ils refoulent eux-mêmes une haine qu'ils n'osent exprimer.

Bravo, les bien pensants.

lundi 4 novembre 2013

Non, je n'ai pas voté. Oui, je vais chiâler.

Hier se tenaient les élections municipales à peu près partout au Québec. Pour une multitude de raisons, je ne suis pas allé exercer mon «droit» de vote ou mon «devoir» de citoyen. Pourquoi? Parce que je ne crois pas en la démocratie. Je m'explique.

Ces élections, qui ne sont de nos jours rien de plus qu'une incarnation politique des Star Académie et autres shows qui divertissent, étaient vouées à l'échec. Et par échec j'entends le fait que le principal enjeu, enjeu sur lequel ont même misé des candidats hors de Montréal, était la corruption ou, plutôt, son éradication. C'est d'être d'une naïveté inouïe que de croire que «la majorité» a un pouvoir quelconque sur les lobbies, corporations, et les richissimes influenceurs qui prendront les rênes du pouvoir dès que le nouveau maire sera en place.

Ce que je veux dire, c'est qu'outre les petites décisions communautaires, outre les enjeux de fond de cour, outre les chicanes de ruelles -- les vrais enjeux, ceux qui détermineront l'avenir à moyen et long terme d'une ville (et c'est encore plus vrai dans le cas d'une métropole), ces enjeux, donc, ne peuvent pas être confiés à un vote ou mis entre les mains du hasard.

Malgré ce qu'en disent les défenseurs de la démocratie, on ne peut pas compter sur les aléas spontanés et les désirs changeants de la «majorité». Majorité qui, par ailleurs, est indéfinissable. Elle n'existe pas vraiment.

La majorité, ce sont des groupuscules bruyants qui revendiquent ci ou ça. La majorité, c'est une tendance exprimée par l'interprétation d'un sondage réalisé sur une infime partie de la population. La majorité, c'est une vaste masse de gens sur qui il est immensément facile d'avoir une puissante influence -- via les médias et le marketing politique, entre autres.

La majorité, de toute façon, ne s'exprime jamais. Selon les élections et les enjeux, on peut se compter chanceux lorsque la moitié de la population prend le temps d'aller voter.

Et même si «la majorité» finissait par se faire entendre, qu'en est-il de son pouvoir?

Est-ce qu'une municipalité, une province, ou même un pays a la capacité de «virer sur un dix cennes» parce que la population l'a décidé? Est-ce que cette population peut réellement être assez bien informée sur tous les enjeux, toutes les conséquences des décisions, tous les coûts impliqués dans les grands projets? Je ne le crois pas.

Je ne crois pas qu'il faille confier à «la majorité» des choses importantes. Les politicailleries et les scandales, ça va; ça diverti et ça occupe. Mais le vrai pouvoir, ce sont les bâtisseurs, les grands entrepreneurs, les financiers et les décideurs qui devraient l'avoir -- et, heureusement, qui l'ont.

Peu importe qui sera élu, là où il y a des projets importants, il y aura de l'influence pour les faire avancer. Peu importe qui sera élu, la quasi-totalité des fonctionnaires qui étaient en poste sous l'autre maire resteront en poste et continueront de prendre les mêmes décisions et de faire avancer les mêmes projets.

Nous sommes dans une société où on semble aimer se faire croire qu'une personne honnête n'a pas d'amis, n'exerce pas d'influence, est pourrie en économie et est si inhumaine qu'elle est imperméable aux bonnes idées qui n'ont pas été votées.

Comme dans notre système scolaire, on semble vouloir encourager la médiocrité. Comme si ça allait empêcher la corruption. Comme si une ville pouvait exister sans ses entrepreneurs, sans ses financiers. Par ce que le capitalisme, c'est mal...

Dans les faits, peu importe où vous avez fait votre X hier, rien ne changera véritablement. C'est business as usual ce matin et c'est bien ainsi. Parce que c'est sur des bases stables qu'on doit construire.

La démocratie, c'est un beau show. Mais le vrai pouvoir, il est ailleurs et il n'en dépend pas.

La démocratie, c'est même très laid. Vous n'avez qu'à prendre comme exemple la réélection du maire Ferrandez dans la commune du Mont-Royal -- c'est complètement ridicule et ça incarne le dégoût que j'ai pour cet artifice populaire qu'est le vote.

La majorité et la démocratie, ils ont déjà voté pour des guerres injustes. La majorité et la démocratie, ils ont déjà voté pour Hitler. La majorité et la démocratie, je n'y crois pas. Ce n'est pas parce que la majorité est plus nombreuse qu'elle est plus intelligente et que ses décisions sont plus éclairées.

Je ne devrais pas chiâler parce que je n'ai pas voté? C'est comme si je ne devais pas dire que la merde ne goûte pas bon parce que je n'en mange pas.

Bon appétit...

jeudi 24 octobre 2013

Les femmes au volant, c'est criminel!

Aujourd'hui, nous pouvons remercier le Ministère de l'intérieur en Arabie Saoudite qui nous rapelle que les femmes n'ont pas le droit de conduire. En 2013.

J'ai beau essayer, je n'arrive pas à m'expliquer que ce soit sérieux, que ce n'est pas une grosse blague, un peu comme les autocollants "les femmes au volant c'est criminel" que l'ont voyait dans les années 80 pour parodier les campagnes de la SAAQ contre l'alcool au volant.

L'Arabie Saoudite, faut-il le rappeler, est un partenaire politique et économique du Canada. En fait, c'est le deuxième marché en importance du Canada dans la région. Plus de 15,000 Saoudiens étudient ici, dans notre pays. Nous avons une ambassade à Riyad, et Riyad en a une ici.

La Mecque, où vont en pellerinage des millions de musulmans chaque année, c'est en Arabie Saoudite.

Ce pays qui devrait être (et qui se vante, à tort, de l'être) un phare culturel, une vitrine de la démocratie dans une région instable, n'est en fait qu'une farce ridicule, une théocratie menée par des attardés d'une époque révolue.

Human Rights Watch et d'autres ONG ont beau critiquer l'Arabie Saoudite pour sa discrimination systématique envers les femmes et les minorités religieuses, l'Occident continue néanmoins à faire du commerce et entretenir des relations diplomatiques avec ce royaume.

Les Saoudiennes qui n'ont pas encore le droit de prendre le volant, ce n'est que la pointe d'un iceberg dégueulasse. C'est un symbole. Le symbole d'une opression ouverte et tolérée.

Leur Ministère de l'intérieur ose même le réaffirmer publiquement. Qu'est-ce que nous faisons? Rien. Nous ne protestons pas. Nous ne faisons pas de pression économique. Nous ne convoquons même pas l'ambassadeur saoudien au Canada pour lui parler dans le casque.

Je ne sais pas quoi faire d'autre que de chiâler. Fuck you, les Saouds.